Pourquoi n’y a-t-il pas de prix Nobel de mathématiques ?

Chaque année, 5 Prix Nobel sont remis à de brillantes personnes ayant contribué au développement de l’humanité. Les disciplines récompensées sont la physique, la chimie, la physiologie ou médecine, la littérature, et les travaux en faveur de la paix.

Je ne vais pas refaire ici tout l’historique : les Prix Nobel sont prestigieux, parfois controversés, ont été longtemps machistes (rappelez-vous Jocelyn Bell ou Lise Meitner), etc.

Un point fait particulièrement débat : l’absence des mathématiques.
Plusieurs explications ont été avancées :

  • Alfred Nobel était jaloux d’un mathématicien, Gösta Mittag-Leffler, avec qui sa femme ou copine (les versions varient) aurait eu une aventure. Pour plusieurs raisons, cette explication ne tient pas. Notamment, Alfred Nobel n’a jamais été marié et le côté altruiste des Prix aurait été quelque peu gâché par une telle rancœur.
  • Alfred Nobel trouvait que les mathématiques étaient trop théoriques voire inintéressantes.
  • le Roi de Suède avait déjà crée un Prix pour les mathématiques et Alfred Nobel ne voulait pas marcher sur les plates-bandes du roi.

La dernière explication me paraît la plus plausible mais il me semble qu’une explication toute simple pourrait aussi exister. Je ne l’ai trouvée mentionnée nulle part dans mes recherches.

En suédois, comme en anglais (et contrairement au français), le terme « vetenskap » (« science ») ne comprend pas les mathématiques. Ainsi, en anglais, vous direz « science and mathematics » sans que personne ne cille : il n’y a pas ici de répétition cachée ! C’est pareil en suédois. En toute rigueur, il faudrait donc traduire le suédois « vetenskap » et l’anglais « science » par le français « sciences naturelles ».

Du coup, cela pourrait peut-être expliquer l’absence de Prix Nobel de mathématiques : Alfred Nobel a simplement voulu récompenser des « vetenskap ». Bien sûr, la littérature et la paix ne sont pas des sciences naturelles mais rien n’empêchait ce M. Nobel d’avoir un côté littéraire ou d’être un idéaliste !

Qu’en pensez-vous ?

À voir :

  • le texte complet du testament (en anglais)
  • un article contredisant la version « Alfred était un jaloux »…

Première conférence en « live-tweet »

C’était le 16 avril 2014 dans le cadre d’un des « Mardis de l’Espace » organisés par le CNES à Paris.

Dans le café habituel du 1er arrondissement (Café du Pont Neuf), nous avons retrouvé Philippe Gaudin et Jean-Pierre Bibring pour une conférence sur la sonde Rosetta et son « atterrisseur » (le terme fait débat !) Philae.
Une heure trente environ à tweeter.

Malgré quelques soucis techniques en début de soirée, cette première expérience fut réussie et très agréable. Finalement, tweeter et écouter, ce n’est pas incompatible !

Voici, en tweets bien sûr, un « petit » résumé de ce qui a été dit :

Merci aux autres « twittos » avec qui j’ai pu partager cette nouvelle aventure !
Merci en particulier à @AbbyTabor pour avoir traduit les tweets les plus pertinents pour nos amis anglophones.
Enfin, merci au CNES pour les Mardis de l’Espace !
Et si vous voulez venir au prochain : Les Mardis de l’Espace.

Comment je suis retombée amoureuse.

Quand je dis que je suis en thèse en astrophysique, la plupart des gens voit ça :

Une Céphéide vue par Hubble

Une Céphéide vue par Hubble

En fait, pour moi, c’est plutôt ça :

Une Céphéide vues par ma thèse.

Une Céphéide vues par ma thèse.

Ça n’empêche que l’un peut sans doute être expliqué par l’autre et que ce que je fais me plaît. La plupart du temps. Voir des courbes à longueur de journée lorsque l’on rêvait de fusion de galaxies, d’immenses télescopes et de visiter l’Univers peut parfois être décourageant…

Cela fait maintenant bientôt trois ans que je travaille dans mon laboratoire sur mon sujet de thèse. Trois ans, cela signifie que je suis en dernière année, avec tout ce que ça implique de stress et de pression : il faut publier, rédiger, terminer.

Si une thèse dure trois longues années (ça passe vraiment trop vite), c’est pour une raison toute simple : un sujet de thèse est un travail minutieux, précis, souvent répétitif voire un peu rébarbatif. C’est surtout un travail qui en moyenne devrait demander 4 ou 5 ans. C’est pourquoi le thésard moyen est souvent débordé, stressé, au bord de la crise de nerfs.

C’est aussi pourquoi il est important de choisir un sujet dans lequel on se sent bien, pour lequel on a envie de travailler nuit et jour (ou presque), pour lequel on est passionné.

J’étais passionnée par l’astrophysique. Comme je l’ai dit, les galaxies, l’infinité, l’immensité, la puissance des forces, tout ça. J’étais passionnée par l’informatique. Coder, déchiffrer, contourner, résoudre m’amusait.

En revanche, compter des fichiers binaires, débugger, vérifier pour la centième fois que l’on converge à 10-9 près, dessiner et redessiner les mêmes graphes en attendant qu’une simulation avance, tout cela m’ennuyait. Malheureusement, c’était un peu mon travail quotidien et je ne voyais plus le reste. Je me demandais presque pourquoi j’étais là.

Et puis, le 13 Janvier 2014 un peu après 14h30, j’ai vu quelque chose. Ça n’a pas duré longtemps, une minute, peut-être deux. Un arc-en-ciel. Banal me direz-vous. Pas celui-là. J’en ai vu, des arcs-en-ciel, comme tout le monde. J’en ai vu à Marseille sur la mer, en Écosse après la brume, à Lyon sur la Saône. Mais des comme ça, jamais.

Un demi-cercle complet, de la terre à la terre. Le spectre complet lui aussi, du violet au rouge en passant par le bleu, en larges bandes bien séparées et bien visibles. Et double ! Une pure merveille de la Nature. Il semblait protéger le peu de beau temps qu’il restait avant le retour de la pluie.

Je me suis alors souvenue que j’avais appris à l’école qu’on ne peut voir un arc-en-ciel que si l’on regarde précisément avec un angle de 42° des gouttes d’eau qui diffusent la lumière venant du Soleil, lui-même situé précisément à 42° des gouttes. J’avais trouvé ça parfait d’exactitude et de subtilité, et un peu de geekerie

Et c’est là que je me suis rappelé. Je fais tout ça parce que c’est beau. Je fais tout ça à cause de ça :

L'Astrophysique, c'est beau !

L’Astrophysique, c’est beau !

Images et crédits :

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Heic1323a.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Andromeda_Galaxy_%28with_h-alpha%29.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Infrared_Triangulum_Galaxy_%28M33%29.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ring_Nebula.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blackeyegalaxy.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:NGC_7293.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:PIA01322_-_Chaos_at_the_Heart_of_Orion.jpg

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Red_and_green_auror.JPG