Un plaisir coupable

On l’a vu tout de suite et on sait déjà qu’on ne devrait pas.
On hésite. Mais l’on se souvient du goût de l’enfance et on ne résiste pas.
Ça commence par ce jaune. Criard, moqueur. Le papier que l’on déplie fait un bruit accusateur.
Ce bonbon, on l’ouvre doucement, pour profiter se dit-on. Pour se donner la chance de changer d’avis, plus sûrement.
L’emballage colle un peu sur le caramel qui se dévoile petit-à-petit. C’est un dernier avertissement.
Une dernière chance.
Mais il est ouvert à présent et l’odeur nous parvient. Une odeur de cour d’école. Une odeur d’espièglerie et de bonheurs simples. De comptine et de bac à sable.
Ça colle aux doigts, ça colle aux dents, ça colle aux souvenirs.
On va lire la blague et on ne va pas sourire. Mais on va la lire quand même, des fois que. On pourra se dire qu’on n’a pas craqué que pour le sucre : on voulait voir si les blagues s’étaient améliorées.
Non, elles sont pires.
On se concentre alors sur la barre. Elle, elle paraît bien meilleure qu’avant.
Toutes les méthodes y passent. On savoure en léchant, on veut aller plus vite mais ça fait mal aux dents.
Le caramel se diffuse sous la langue et c’est sucré. Trop sucré. On n’aurait pas dû.
Trop tard, c’est si bon !
On regrettera plus tard, là on savoure un Carambar.

Ce texte a été écrit lors d’un exercice d’écriture, pendant lequel il nous a été demandé de décrire, à la manière de Philippe Delerme, ce que représentait l’acte de manger un carambar.

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