Comment je suis retombée amoureuse.

Quand je dis que je suis en thèse en astrophysique, la plupart des gens voit ça :

Une Céphéide vue par Hubble

Une Céphéide vue par Hubble

En fait, pour moi, c’est plutôt ça :

Une Céphéide vues par ma thèse.

Une Céphéide vues par ma thèse.

Ça n’empêche que l’un peut sans doute être expliqué par l’autre et que ce que je fais me plaît. La plupart du temps. Voir des courbes à longueur de journée lorsque l’on rêvait de fusion de galaxies, d’immenses télescopes et de visiter l’Univers peut parfois être décourageant…

Cela fait maintenant bientôt trois ans que je travaille dans mon laboratoire sur mon sujet de thèse. Trois ans, cela signifie que je suis en dernière année, avec tout ce que ça implique de stress et de pression : il faut publier, rédiger, terminer.

Si une thèse dure trois longues années (ça passe vraiment trop vite), c’est pour une raison toute simple : un sujet de thèse est un travail minutieux, précis, souvent répétitif voire un peu rébarbatif. C’est surtout un travail qui en moyenne devrait demander 4 ou 5 ans. C’est pourquoi le thésard moyen est souvent débordé, stressé, au bord de la crise de nerfs.

C’est aussi pourquoi il est important de choisir un sujet dans lequel on se sent bien, pour lequel on a envie de travailler nuit et jour (ou presque), pour lequel on est passionné.

J’étais passionnée par l’astrophysique. Comme je l’ai dit, les galaxies, l’infinité, l’immensité, la puissance des forces, tout ça. J’étais passionnée par l’informatique. Coder, déchiffrer, contourner, résoudre m’amusait.

En revanche, compter des fichiers binaires, débugger, vérifier pour la centième fois que l’on converge à 10-9 près, dessiner et redessiner les mêmes graphes en attendant qu’une simulation avance, tout cela m’ennuyait. Malheureusement, c’était un peu mon travail quotidien et je ne voyais plus le reste. Je me demandais presque pourquoi j’étais là.

Et puis, le 13 Janvier 2014 un peu après 14h30, j’ai vu quelque chose. Ça n’a pas duré longtemps, une minute, peut-être deux. Un arc-en-ciel. Banal me direz-vous. Pas celui-là. J’en ai vu, des arcs-en-ciel, comme tout le monde. J’en ai vu à Marseille sur la mer, en Écosse après la brume, à Lyon sur la Saône. Mais des comme ça, jamais.

Un demi-cercle complet, de la terre à la terre. Le spectre complet lui aussi, du violet au rouge en passant par le bleu, en larges bandes bien séparées et bien visibles. Et double ! Une pure merveille de la Nature. Il semblait protéger le peu de beau temps qu’il restait avant le retour de la pluie.

Je me suis alors souvenue que j’avais appris à l’école qu’on ne peut voir un arc-en-ciel que si l’on regarde précisément avec un angle de 42° des gouttes d’eau qui diffusent la lumière venant du Soleil, lui-même situé précisément à 42° des gouttes. J’avais trouvé ça parfait d’exactitude et de subtilité, et un peu de geekerie

Et c’est là que je me suis rappelé. Je fais tout ça parce que c’est beau. Je fais tout ça à cause de ça :

L'Astrophysique, c'est beau !

L’Astrophysique, c’est beau !

Images et crédits :

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Heic1323a.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Andromeda_Galaxy_%28with_h-alpha%29.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Infrared_Triangulum_Galaxy_%28M33%29.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ring_Nebula.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blackeyegalaxy.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:NGC_7293.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:PIA01322_-_Chaos_at_the_Heart_of_Orion.jpg

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Red_and_green_auror.JPG

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